Dépression post-partum : symptômes, causes et solutions pour s’en sortir
La dépression post-partum est un épisode dépressif majeur survenant pendant la grossesse ou dans l’année suivant l’accouchement, caractérisé par une tristesse persistante, une fatigue intense, une perte d’intérêt et des pensées négatives durant au moins 2 semaines.
Ce que vous ressentez a du sens
Devenir mère est une transformation profonde.
Et parfois, cette transformation s’accompagne de :
-
fatigue intense
-
tristesse difficile à expliquer
-
anxiété envahissante
-
sentiment de ne pas être à la hauteur
Si vous traversez cela, j’aimerais vous dire une chose essentielle :
- vous n’êtes pas seule
- et vous n’êtes pas en train d’échouer
Ce que vous ressentez est une réponse compréhensible de votre corps et de votre esprit à un bouleversement majeur.
Baby blues ou dépression : faire la différence
Après l’accouchement, de nombreuses femmes traversent une période de vulnérabilité émotionnelle.
Le baby blues est fréquent et transitoire.
La dépression post-partum, elle, s’installe plus durablement et demande un accompagnement.
Baby blues
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dure quelques jours (3 à 10 jours)
-
lié aux hormones
-
disparaît spontanément
Dépression post-partum
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dure au moins deux semaines
-
s’installe progressivement
-
nécessite du soutien
(Gavin et al., 2005)
Comprendre ce qui se passe en vous
Votre cerveau est en train de s’adapter à une nouvelle réalité.
Les recherches montrent que :
-
votre système d’alerte (amygdale) est plus actif
-
votre capacité à réguler les émotions est fragilisée
-
la fatigue amplifie tout
(Slomian et al., 2019)
C’est pour cela que :
-
les émotions sont plus intenses
-
les pensées deviennent plus négatives
-
tout peut sembler plus lourd
Ce n’est pas “dans votre tête” au sens où vous l’imaginez.
C’est dans votre système nerveux
Les signes qui méritent votre attention
Peut-être que vous vous reconnaissez dans certains de ces vécus :
-
vous vous sentez triste ou vide
-
vous avez perdu du plaisir
-
vous vous sentez épuisée, même après avoir dormi
-
vous vous sentez coupable ou “pas assez bien”
-
vous avez du mal à vous concentrer
-
vous vous sentez submergée
Ces signes ne définissent pas qui vous êtes, ils décrivent ce que vous traversez
Les pensées difficiles : vous n’êtes pas vos pensées
Certaines mamans me confient des pensées qui les inquiètent :
-
“Et si je faisais du mal à mon bébé ?”
-
“Je ne suis pas une bonne mère”
Ces pensées peuvent être très angoissantes.
Pourtant, la recherche montre qu’elles sont fréquentes en post-partum.
(Fairbrother & Woody, 2008)
Ce qui est important :
-
une pensée n’est pas une intention
-
une pensée n’est pas une réalité
-
une pensée est un événement mental
Et plus vous êtes fatiguée, plus votre cerveau devient dur avec vous.
Comprendre le cercle de l’épuisement
Souvent, un cercle s’installe :
fatigue → pensées négatives → anxiété → épuisement accru
(Beck, 1979)
Et petit à petit :
-
vous doutez de vous
-
vous vous isolez
-
vous vous sentez encore plus seule
Ce cercle peut être interrompu
Des pistes concrètes, validées en psychologie
Vous n’avez pas besoin de tout changer. Juste commencer par de petits ajustements
Comprendre et apaiser les pensées intrusives
Actuellement, il est possible que vous traversiez ce que l’on appelle des pensées intrusives :
des images, idées ou scénarios qui surgissent sans prévenir… et qui peuvent être très angoissants.
Je veux vous dire quelque chose d’essentiel :
-
ces pensées ne disent rien de qui vous êtes
-
elles ne sont pas des intentions
-
elles ne définissent ni votre amour, ni votre valeur de maman
Elles sont fréquentes en post-partum
Et paradoxalement, elles apparaissent souvent chez des mères :
-
très attentives
-
très investies
-
profondément aimantes
D’un point de vue neuropsychologique, elles sont liées à une hyperactivation du système nerveux (notamment de l’amygdale), et non à une quelconque dangerosité.
(Fairbrother & Woody, 2008)
Une pensée n’est pas une action.
Penser quelque chose ne signifie pas vouloir le faire… ni le faire.
Quand une pensée intrusive apparaît
L’objectif n’est pas de lutter contre la pensée, mais de changer votre manière d’y répondre.
1. Nommer ce qui se passe
Dites-vous intérieurement :
« Ceci est une pensée intrusive liée au post-partum. »
Ne cherchez pas à la faire disparaître.
Plus on lutte contre une pensée, plus elle revient.
2. Se désidentifier de la pensée
Plutôt que :
❌ “Je vais faire du mal à mon bébé”
Essayez :
« J’ai la pensée que je pourrais faire du mal à mon bébé. »
« Le fait que j’aie cette pensée ne signifie pas qu’elle est vraie. »
Cela permet de reprendre une distance psychologique
3. Revenir dans le corps (ancrage)
Quand l’émotion monte :
-
posez vos pieds au sol
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placez une main sur la poitrine, une sur le ventre
-
expirez lentement
Puis regardez votre bébé (ou imaginez-le)
Et dites-vous doucement :
« Je suis là. Mon bébé est en sécurité. Cette vague va passer. »
Prendre soin de votre énergie
-
autorisez-vous des micro-siestes
-
reposez-vous dès que possible
Adoucir votre dialogue intérieur
Par exemple :
❌ “Je n’y arrive pas”
“Je fais de mon mieux dans une période exigeante”
Ne pas rester seule
-
demander de l’aide concrète
-
parler à quelqu’un de confiance
Vous avez le droit d’être soutenue
Un message important pour vous
Vous êtes en train de vivre une transition profonde.
Vous ne régressez pas. Vous vous adaptez.
Et même si aujourd’hui c’est difficile :
cela peut s’apaiser et vous pouvez retrouver un équilibre
Combien de temps dure le post-partum ?
On entend parfois que le post-partum peut durer jusqu’à 3 ans.
Cette idée ne correspond pas à un critère médical strict, mais elle s’appuie sur une réalité clinique importante :
devenir mère est un processus long, progressif et profond.
Ce que dit la science
D’un point de vue médical :
-
le post-partum est classiquement défini comme la période suivant l’accouchement
-
certaines études et observations cliniques montrent que les changements hormonaux, émotionnels et identitaires peuvent s’étendre bien au-delà des premiers mois
(Slomian et al., 2019 ; O’Hara & McCabe, 2013)
Par exemple :
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les hormones mettent plusieurs mois à se stabiliser
-
le sommeil reste perturbé longtemps
-
le cerveau maternel continue de s’adapter
-
l’identité de femme évolue progressivement
Une transformation qui prend du temps
Dire que le post-partum peut durer jusqu’à 3 ans signifie surtout que :
il faut du temps pour :
-
retrouver un équilibre hormonal
-
se réapproprier son corps
-
reconstruire son identité
-
trouver un nouvel équilibre dans sa vie
C’est une période de transition, pas un état figé.
Une période de vulnérabilité… normale
Durant cette période, il est fréquent de se sentir :
-
plus sensible
-
plus fatiguée
-
plus vulnérable émotionnellement
Cela ne signifie pas que quelque chose “ne va pas”
Cela signifie que votre système s’adapte
Point essentiel
Il est important de différencier :
-
le post-partum (processus d’adaptation pouvant durer longtemps)
-
la dépression post-partum (qui nécessite une prise en charge dès 2 semaines de symptômes persistants)
Si la souffrance s’installe, elle ne doit pas être normalisée.
Quand demander de l’aide ?
Vous pouvez consulter si :
-
cela dure depuis plus de 2 semaines
-
vous vous sentez épuisée en permanence
-
vos pensées deviennent envahissantes
-
vous vous sentez seule ou dépassée
Demander de l’aide est un acte de soin envers vous… et envers votre enfant
Première séance offerte • Sans engagement • Adultes uniquement • Consultation à distance
Accompagnement intégratif fondé sur les TCC, la psychotraumatologie et la régulation émotionnelle.
Références scientifiques
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merican Psychiatric Association (2013). DSM-5
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O’Hara, M. W., & McCabe, J. E. (2013)
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Gavin, N. I. et al. (2005)
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Slomian, J. et al. (2019)
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Beck, A. T. (1979)
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Sockol, L. E. et al. (2011)
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Fairbrother, N., & Woody, S. R. (2008)