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Guérir son enfant intérieur

Introduction

Tu vis dans la peur d’être abandonné ? Tu as tendance à penser que l’on profite de toi ? A moins que tu aies le sentiment que personne ne t’aime ? ou bien t’arrive-t-il de réagir de façon démesurée et exagérée ? Un événement anodin peut titiller une blessure du passé et tu ne te reconnais plus. Tu as peut-être déjà vécu l’une de ces situations : quelqu’un te fait une remarque, tu te sens rejeté et pas aimable. Quelqu’un te manque de respect, tu sens une colère incontrôlable montée en toi, c’est plus fort que toi, tu exploses… Personne ne remarque tes petites attentions, cela te plonge dans une profonde tristesse… tu fais une boulette au travail c’est panique à bord et tu as l’impression que c’est la fin du monde.

Dans cet article nous allons comprendre que réagir de cette manière peut s’expliquer par le fait que notre enfant intérieur veuille attirer notre attention. Alors qui est cet enfant intérieur ?  Que représente-t-il ? Comment en prendre soin ?

Qui est cet enfant intérieur ?

Le concept « d’enfant intérieur » est une image intéressante pour définir ce qui agit encore en nous de manière inconsciente, et dont nous souhaiterions connaître l’origine.

Dans son livre Guérir son enfant intérieur, le psychanalyste et Docteur en psychologie Moussa Nabati explique que chacun de nous abrite, telle une poupée russe, deux personnes, deux MOI, deux désirs, l’un Adulte et l’autre enfant. 

L’adulte est dans l’action, capable de se comporter de façon lucide, il analyse et utilise des liens logiques de cause à effet. 

Poupée rousse, moussa nabati, guérir son enfant intérieur

L’enfant intérieur est la partie qui réagit aux émotions. C’est la partie la plus instinctive, la plus spontanée. C’est également la partie joyeuse, vivante, pleine de ressources et de créativité.

De même, Pascale Piquet, auteur du livre “ Le syndrome de Tarzan” , explique la conception de l’enfant intérieur comme suit : 

Enfant, tes parents te doivent  amour inconditionnel, reconnaissance, affection et protection.

  • A travers la reconnaissance, tes parents te disent que tu fais partie de la famille, que tu existe et que tu as ta place. Ce qui fait quand tu quittes ta famille, ton sentiment d’appartenance perdure,   tu sais que tu as ta place et ce n’est plus un sujet pour toi, c’est une évidence. 
  • A travers l’affection, ils te disent qu’ils t’aiment pour ce que tu es et comme tu es. que tu es aimable et estimable . De ce fait, à un âge adulte tu t’aime et tu sais pourquoi on t’aime. 
  • A travers la protection, tes parents te disent tu es précieux(euse), on prend soin de toi et on va t’apprendre à être autonome et responsable de toi même.
Développement de l'enfant, reconnaissance, affection, protection, amour

Lorsque tu as pu vivre une enfance insouciante, où tu as été aimé et sécurisé, dans la gratuité du désir,  ta confiance et ton estime se forment, puis se développent et se façonnent au fil des expériences de ta vie. 

Dans le cas où les parents ne te donnent pas, te donnent mal, te donnent peu ou alors te donnent trop de reconnaissance, d’affection et de protection, cela va inévitablement affecter ta confiance et ton estime. En effet, certains parents ne sont pas en mesure de te procurer tout cela, car il ne l’ont pas reçu eux même. Bien évidemment, être parent est un métier à part entière et nous ne sommes pas formés pour le devenir. Chacun fait de son mieux, mais avec toute la bonne volonté du monde, il peut y avoir des manquements. 

Par conséquent, ton corps va quand même grandir. Cependant ta croissance affective va s’arrêter et là se forme un grand vide. C’est ce vide qui te fait souffrir. Tes souvenirs douloureux incompris, conscients ou inconscients, bloquent ton développement personnel. Tu deviens adulte, en enfermant en toi un enfant intérieur qui te rend la vie plus difficile et qui va chercher à combler le vide créé par des solutions externes, par toutes sortes de compulsions et/ou également des êtres humains (conjoint, parent, enfants, amis), par le travail, les jeux, le sport, par la consommation addictive et autres. En d’autres termes, l’adulte que tu es est sous l’emprise de ton enfant intérieur et tu connaîtras fort probablement durant ta vie la dépression, l’anxiété, le burn-out, la dépendance affective, des comportements agressifs, des troubles narcissiques, voire dans les cas extrême le suicide.

la dépression, l'anxiété, le burn-out, la dépendance affective, des comportements agressifs, des troubles narcissiques, voire dans les cas extrême le suicide.

Pourquoi chercher à guérir son enfant intérieur ?

En chacun d’entre nous vit un Enfant qui a été plus ou moins blessé, qu’on a su plus ou moins bien écouter, consoler, rassurer… Cet Enfant s’est adapté comme il pouvait au monde des adultes, mais ses blessures, ses peurs profondes (de rejet, d’abandon ou de séparation) peuvent rester à vif, bien que savamment camouflées. 

Et il peut arriver qu’un événement, parfois anodin vu de l’extérieur, vienne déstabiliser et raviver cette blessure originelle et que ce soit l’Enfant en nous qui réagisse parce que l’émotion est trop forte et nous nous exprimons par la suite d’une manière illogique, inadaptée ou puérile. L’enfant intérieur qui s’exprime parasite l’adulte. lequel doute de ses capacités, se sent mauvais et parfois paralysé face à certaines situations.  

En effet, comme le dit si bien Isabelle Filliozat, auteure et psychothérapeute : “ Quand une personne n’a pas su ou pas pu exprimer une émotion, cet affect réprimé cherche une issue. Toute situation, toute personne, qui rappelle de près ou de loin cette émotion ou l’événement qui l’a suscitée, réveille le passé”. En bref,  nous sommes de vraies bombes à retardement et le traumatisme vécu petit se manifestera plus tard, et de plus en plus en avançant dans l’âge, par des comportements du genre : adulte dépendant, avide de tendresse et de reconnaissance, revendicatif, jaloux, exigeant, possessif, craignant sans cesse le désamour et le rejet. 

De plus ces émotions refoulées, notre corps peut éventuellement les somatiser. En d’autres termes, nos émotions s’expriment aussi par notre corps  (par exemple : l’estomac noué, les jambes flageolantes, la poitrine serrée, la chaleur aux joues…). La prise de conscience des signaux que notre corps nous envoie est donc la première étape vers la compréhension de l’enfant intérieur.

En prenant le temps d’écouter ce petit être, on peut apprendre à reconnaître cette partie de nous qui est en réaction. On peut lui tendre la main, l’écouter, la rassurer. Et la libérer. Car l’Enfant est aussi la source des parties joyeuses, intuitives et créatives de notre personnalité.

Comment prendre soin de son Enfant Intérieur ?

Si tu décides de garder ton enfant intérieur en état de souffrance, saches que tu passeras ta vie à la recherche perpétuelle de “pansements” de l’âme, tu attendras que les autres te réparent, qu’ils comblent ce vide en toi. Tu vas vouloir silloner le monde, tu vas courir derrière ta carière  professionnelle, essayer de briller dans tel ou tel domaine, tu vas chercher en vain cette femme parfaite ou cet homme parfait qui guérira tous tes maux. Mais hélas, je suis vraiment navrée de t’informer que rien, ni personne ne réussira à combler ce vide en toi.

Si tu agis ainsi actuellement, tu comprendras que c’est ton enfant intérieur qui est aux commandes. Tu ne vas pas te culpabiliser, car ce n’est pas de ta faute, mais il ne faut pas non plus prendre cela à la légère. 

En tant qu’adulte, tu peux te dire OK, j’ai ma propre perception de mon histoire. Mon vécu fait partie de mon passé, je ne peux pas le changer mais ça fait de moi qui je suis. Maintenant je prends conscience que j’ai la possibilité d’aller mieux, que je suis la ou le seul(e) responsable de mon bien-être, je décide de me réparer, d’anéantir ce vide en moi et de sortir de l’emprise de mon enfant intérieur. 

Effectivement, tout le monde a la capacité de développer de la résilience et toi tu sais pertinemment que tu en es capable. L’erreur serait de croire que ce qui s’est passé est tellement problématique, qu’on ne peut rien faire contre et qu’on ne peut rien décider. 

Margaret Paul dans son livre renouez avec votre enfant intérieur propose les étapes suivantes : 

  1. La première étape consiste à reconnaître que tu as un enfant en toi qui te parle par l’intermédiaire de ton corps, de tes émotions et de tes réactions. Sois attentif et disponible comme lorsqu’un enfant tire sur ta jupe ou sur ton pantalon, sauf que c’est en toi que cela se passe. Cela peut se faire en prêtant attention à tes réflexions quotidiennes et à tes interprétations des événements de ta vie, puis dans tes réactions dérangeantes que tu vas détecter, interpose le doute entre l’événement et ta réaction.
  2. Deuxième étape, nomme les émotions, accepte de ressentir ce mal être, cette boule au ventre et cette douleur sans jugement ni minimisation, avec empathie et bienveillance. En effet, il faut croire en la légitimité de ses sentiments.
  3. Troisième étape agis en adulte aimant, porte ton attention vers l’intérieur, interroge ton enfant intérieur. Pose toi les questions suivantes : que s’est-il passé ? qu’est ce que tu ressens ? de quoi as-tu besoin ? Le but étant de remonter aux événements de ton enfance, où tu as conclu que tu es fautif, mauvais, indignes d’amour ou incapable. Retrace ton histoire, surtout les causes qui pourraient encore et toujours te maintenir prisonnier d’un enfant intérieur mal portant, avec le plus d’honnêteté de sincérité possible. Essaie de te déresponsabiliser et de te déculpabiliser de ce qui s’est produit durant ton enfance, ce n’était pas de ton fait. Réalise ce travail de deuil (des parents idéaux par exemple) et pardonne toi des blessures endurées. 
  4. Quatrième étape, parle à ton enfant intérieur ou écris lui une lettre, dis lui tout ce que tu aurais aimé entendre. montre-lui que tu l’aimes, que tu respectes sa personnalité propre, que tu tiens compte de ses désirs et de ses avis. 

Pour se faire, Céline Tran, médecin psychiatre et psychothérapeute, propose dans son livre Petit livre pour prendre soin de son enfant intérieur, les deux exercices suivants : 

Ecrire une lettre à son enfant intérieur : 

Pour cet exercice, choisis un moment calme pour écrire une lettre à ton enfant intérieur, si tu le souhaites en regardant une photo de toi, enfant. Pour le faire, imagine que tu as devant toi un petit enfant fragile, vulnérable, et qui a connu les mêmes blessures que toi enfant, qui souffre. Qu’aimerais-tu lui écrire pour le réconforter, le consoler ?

Par exemple : 

« Mon cher enfant, je comprends ce que tu as vécu, je sais que tu étais dans l’attente de quelque chose qui ne s’est pas produit et maintenant, il est temps de cesser d’attendre de ces personnes qu’elles nous aiment, qu’elles nous reconnaissent à notre juste valeur. Je suis là avec toi, maintenant et pour toujours, je t’aime et je fais en sorte que tu sois au centre de mes préoccupations, tu es ma priorité, tu es quelqu’un de bien et tu mérites le meilleur, je reconnais tes émotions, je comprends tes besoins, je t’autorise à t’épanouir et à te rendre heureux, je t’autorise à avoir été ce que tu as été et je trouve que comme tu as été, tu étais aimable. Moi je t’aime comme tu es et je serais toujours à tes côté pour prendre soin de toi et veiller sur toi »

Dialoguer avec son enfant intérieur 

Installe-toi dans un endroit calme où tu ne seras pas dérangé. Prends quelques instants pour te connecter à ta respiration. 

Dans un premier temps, ferme les yeux et imagine toi en tant qu’enfant. Un souvenir de ton enfance resurgira spontanément : à quel endroit te trouve tu ? comment tu es habillé ? Que fais-tu ? Quels sentiments ou émotions lis-tu sur ton visage ? 

Dans un second temps, rentre dans la scène en tant qu’adulte et commences à dialoguer avec ce mini toi, tu peux lui demander ce dont il a besoin. Écoute le avec beaucoup de bienveillance, d’amour, d’attention, sans le juger. Lorsqu’il aura fini, tu peux lui parler et essayer de le réconforter avec tes propres mots, de répondre à ses besoins. Il se peut qu’il ait simplement envie que tu le prennes dans tes bras, que tu lui caresses doucement les cheveux, ou que tu reste à côté de lui, pour qu’il se sente moins seul. 

Pour terminer, tu peux lui dire au revoir et que tu reviendras maintenant à chaque fois qu’il aura besoin de toi. 

Dans cet exercice, utilises des mots simples qu’un petit enfant comprendra. N’hésite pas à refaire régulièrement cet exercice pour écouter, consoler, réconforter et apaiser ton enfant intérieur à chaque fois qu’il se manifeste en toi.

Conclusion

Le projet existentiel le plus précieux de chacun devrait consister à retrouver son enfant intérieur, à l’écouter et à faire la paix avec lui pour le guérir. Il s’agit d’un véritable travail d’écoute et de rééducation intérieure, qui demande de la persévérance et nécessite d’être consolidé sur des années. Il n’est pas facile de combattre les automatismes, et en prendre conscience relève de la volonté. Aie la conviction que tu peux guérir ton enfant en reprenant ta croissance affective à l’endroit même où elle s’est arrêtée, en développant confiance et estime. Rassure toi, quel que soit ton passé tu peux changer ça et reprendre ta vie en main. Ce processus permettra à ton Moi adulte et Moi enfant de vivre en harmonie, tu seras ainsi confiant dans tes capacités, conscient de tes limites. Tu t’aimeras et tu t’accepteras tel que tu es. 

N’oublie pas, la guérison vient de l’intérieur 😉

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