L’Attachement

La théorie de l’attachement

Dans cet article nous allons essayer de comprendre comment ta petite enfance, voire les premières
années de ton existence ont pu influencer ta vie et éventuellement conditionné ta vision du monde, ta
façon d’interagir avec ton entourage et surtout ta perception de toi même, et tout ceci à travers la
théorie de l’attachement.

Introduction

Avant de rentrer dans le vif du sujet de l’attachement, je juge important de rappeler le fait que le
cerveau d’un enfant commence à se former pendant la grossesse. Quelques milliers de neurones sont
alors créés chaque seconde. Ainsi, quand le bébé vient au monde, son cerveau possède des milliards
de neurones.
Afin que le cerveau puisse fonctionner, les neurones doivent se connecter entre eux. Pour ce faire, quand le bébé est encore dans le ventre de sa mère, Il entend des bruits et des voix, il bouge,
il ressent la sensation du liquide amniotique. Ces stimulations aident à établir et à améliorer les
connexions entre les neurones.
Chaque connexion entre deux neurones s’appelle une synapse, ou bien des autoroutes cérébrales.
Une fois né, le cerveau du bébé va continuer de se développer en réponse aux stimulations de
l’environnement externe. En effet, chaque bisou, chaque changement de couche, chaque jeu et chaque
expérience influencent la création de nouvelles synapses. Ces connexions sont essentielles au
développement du cerveau de l’enfant.
Le livre, l’attachement dans la petite enfance, de Laurence Martel et Michel Delage, nous explique que
dès sa naissance, l’enfant possède une palette d’émotions. Il interagit avec sa maman ou bien la figure d’attachement ayant rempli ce rôle, qu’on appellera également caregiver.
Effectivement, le nouveau né est souvent angoissé et éprouve le besoin d’être rassuré. Pour qu’un
bébé soit épanoui, le caregiver doit le prendre dans ses bras quand il le faut, doit savoir le rassurer
quand il en a besoin et sa disponibilité est vraiment essentielle.
En bref, lorsque la petite alerte de l’angoisse ou de stress est tirée, la figure d’attachement doit se
rendre disponible grâce à toutes ces choses. C’est en le rassurant et en lui procurant une sécurité
interne que l’enfant peut de nouveau prendre le temps d’observer le monde et de l’explorer.
S’attacher est donc vital pour l’enfant et la façon dont cette figure d’attachement s’est comportée avec
l’enfant influence et conditionne ses relations et son épanouissement à l’âge adulte. Ce qui nous
amène directement à la théorie de l’attachement.

Qu’est-ce que la théorie de l’attachement ?

Dans l’ouvrage, Psychologie du développement, L’attachement est défini comme un système inné,
génétiquement programmé qui se manifeste en cas de stress afin de faire apparaître une figure
d’attachement, visant la sécurité interne, c-à-d une personne de confiance qui vient nous rassurer.

Ce système primaire et vital est très important, car il construit le rapport au monde de la personne, la
manière dont la personne interagit avec celui-ci et avec les personnes.

Les études de John Bowlby, psychologue anglais et père de la théorie de l’attachement, ont démontré que pour la bonne santé mentale de l’enfant, une relation chaleureuse, intime et continue avec sa figure d’attachement est essentielle.
De plus, il a mis en lumière que ce qui conduit un bébé à rechercher sa figure d’attachement est un besoin de sécurité avant tout, plutôt qu’un besoin lié à l’alimentation. C’est l’instinct de protection qui prime.

Les types d’attachement 

Mary Ainsworth, à la suite de Bowlby, a établie la classification de l’attachement des bébés en 3
catégories, puis une quatrième catégorie viendra s’ajouter grâce aux travaux de Mary Main (1990).
Ces 4 catégories se scinde en deux grande famille :

  1. La première famille qui constitue la première catégories est l’Attachement sécure :
    Existe quand le caregiver répond aux besoins de l’enfant de manière adéquate, rapide et cohérente.
    L’enfant est entendu, il a toute l’attention et l’affection qu’il réclame.
    La figure d’attachement devient donc une base de sécurité pour l’enfant qui en recherchera la
    proximité en cas de séparation et sera rassuré(e) par son retour, sa présence.
    L’enfant sécure se sentira digne d’être aimé, en confiance et pourra explorer le monde et développer pleinement ses capacités.
    Si l’enfant a un attachement sécure vers ses 12 mois, on peut prédire un développement cognitif,
    social et émotionnel de bonne qualité. Ce qui lui apportera l’amour de soi, une bonne image de soi, une bonne confiance et conscience de soi.
  2. La deuxième famille dans laquelle nous retrouvons les trois autres catégories est L’Attachement insécure : 
    Existe quand le parent répond aux besoins de l’enfant de manière incohérente. Et dans l’attachement insécure, nous avons :
  • L’attachement insécure évitant / anxieux -évitant
    En cas d’attachement évitant, la figure d’attachement ne répond peu ou pas aux demandes de l’enfant et valorise une indépendance exacerbée de l’enfant. L’enfant est donc très indépendant.
    Il n’y a que très peu d’interactions avec son caregiver et elles ne sont surtout pas affectives.
    L’enfant se retrouve dans la maîtrise de ses émotions puisque ses états émotionnels ont été bridés et ne sont pas reconnus. L’émotionnel n’avait pas sa place ou a contrario engendrait des situations compliquées à gérer. L’enfant choisit donc (plus ou moins consciemment) de se couper de ses émotions pour ne pas souffrir.                                                                                                                La conséquence de cette réponse détachée est un manque d’échange affectif et une introversion des émotions chez l’enfant. Il est insécure. Non entendu, non rassuré, l’enfant ne manifestera pas de signes de détresse en cas de séparation et pas de signes d’apaisement lors du retour de sa figure d’attachement.                                                                                                                                                     
  •  L’attachement insécure ambivalent / résistant Pourquoi ambivalent                                          Parce que souvent la figure d’attachement va être intrusive et contrôlante. Elle ne tient pas vraiment compte des besoins et des envies de l’enfant. Elle va vouloir tout contrôler, elle va vouloir façonner l’enfant à son image, le rendre une sorte de marionnette téléguidée, car pour elle l’enfant, c’est une extension d’elle-même. Elle va donc l’empêcher de faire les choses lui-même et de développer son autonomie.
    La figure d’attachement peut éventuellement utiliser le chantage affectif, la manipulation, la punition, elle peut être gentille et aimante, et puis distante et agressive, bref l’enfant ne sait jamais quelle attitude son parent va avoir, ni sur quel pied danser.
    Il n’y a pas un vrai partage affectif entre la mère et son enfant. L’enfant intègre que pour se sentir aimé, il doit réussir. Il ne pourra pas utiliser sa figure d’attachement comme base de sécurité. Il manifestera un grand stress lors de séparations et cherchera un contact permanent avec sa figure
    d’attachement. Il sera souvent sous pression et peut développer une forte anxiété et vivra perpétuellement dans la crainte de perdre l’amour de son caregiver.                                                               
  • L’attachement désorganisé (désorienté)
    En cas d’attachement désorganisé, la figure d’attachement est incohérente a une attitude figée, en retrait, négative et parfois violente face à l’enfant.
    En réponse à cette attitude, l’enfant va être instable et va craindre sa figure d’attachement et parfois adopter une attitude similaire à cette dernière en lui manifestant de la violence.
    Ce type d’attachement apparaît essentiellement en cas de violence conjugale, de maltraitance,
    d’abus…

Conclusion 

J’ouvre une petite parenthèse pour rappeler aux parents que donner naissance à une vie, c’est créer un
nouvel être sur terre, un être avec une personnalité, des valeurs et des besoins différents des vôtres. un
être complètement indépendant que vous avez la chance d’accompagner pour qu’il devienne
autonome et responsable. Il n’est pas vous, il ne vous représente pas, vous ne pouvez pas vivre votre
vie à travers votre enfant, il a sa propre histoire à vivre, ses propres erreurs à commettre, ses échecs
aussi et ses réussites à accomplir. Être parent c’est être un humain qui a la responsabilité d’un autre
humain, pour aider ce dernier à voler de ses propres ailes. Être un parent ne veut pas dire être sacré et prétendre à tous les droits sur l’enfant.


Pour conclure, retiens que ton style d’attachement, c’est ta manière de te percevoir et de percevoir les
autres, mais aussi la façon dont tu vis tes relations avec autrui. Il s’exprime à travers tes émotions, ta
confiance en toi, ta confiance aux autres et ta créativité. Il influence tes relations et, parfois, il peut être à l’origine de pathologies psychiques comme les troubles de l’humeur ou les troubles de la personnalité dont la dépendance affective. En fonction de ta relation avec ton caregiver durant tes premières années de ta vie, tu pourras gérer harmonieusement tes relations ou pas.
Si tu n’as pas eu d’attachement sécure, cela ne l’empêchera pas, à l’âge adulte, de travailler sur tes traumatismes et d’évoluer grâce à la prise de conscience, à la neuroplasticité du cerveau et à ta  capacité de résilience.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *